La production de crédit immobilier a atteint 12,6 milliards d’euros en mars

La Banque de France confirme la vitalité du crédit immobilier : malgré les turbulences géopolitiques, la production de prêts a atteint 12,6 milliards d’euros en mars (hors renégociations).
Ce regain s’appuie sur une reprise des transactions. D’après les chiffres des notaires, les ventes de logements anciens ont totalisé 958 000 sur les douze mois glissants à fin février 2026, soit une hausse annuelle de 11 %.
Il faut dire que le secteur sortait d’une longue traversée du désert. Après trois ans de recul dus à la flambée des taux consécutive à la guerre en Ukraine en 2022, la production de crédit a amorcé son redressement en 2025, bondissant de 33 % pour s’établir à 146 milliards d’euros sur l’année.
Les établissements bancaires ont joué le jeu : hausse des taux contenue et ouverture des prêts bonifiés à l’ensemble des emprunteurs, et non plus aux seuls primo-accédants.
En mai, dans ce contexte tendu et avec un OAT dix ans oscillant entre 3,7 % et 3,8 % en avril, les taux moyens remontent légèrement : 3,3 % sur 15 ans, 3,5 % sur 20 ans et 3,6 % sur 25 ans (source : Vousfinancer).
L’horizon reste incertain. Si la BCE a choisi de maintenir ses taux fin avril, le regain d’inflation lié au conflit en Iran pourrait l’obliger à changer de cap.
Les courtiers s’inquiètent surtout d’un possible effet ciseau entre la remontée des taux de marché et le taux d’usure, ce plafond légal, frais inclus, que les banques ne peuvent dépasser, lequel n’est révisé que trimestriellement par la Banque de France.
Selon Cafpi, ce phénomène pourrait exclure jusqu’à 20 % des dossiers d’ici juin, en particulier les emprunts sur courte durée et les profils de plus de 45 ans, pénalisés par le coût élevé de l’assurance.
