Litrimarché : une histoire de famille et de confiance
Dans le paysage concurrentiel de la literie en France, Litrimarché fait figure d’exception. Fondée en 1996 par Olivier Caudard avec une promesse simple — du stock, du choix et de la qualité —, l’enseigne célèbre cette année ses 30 ans et compte une centaine de magasins. Une belle longévité dans un secteur en mutation, portée par des valeurs familiales et une relation unique avec son réseau de franchisés. Rencontre avec Simon Caudard, qui a repris les rênes de l’entreprise familiale en 2022, à seulement 26 ans.
- Une enseigne qui fête cette année ses 30 ans.
- Une entreprise familiale avec un réseau qui est une famille.
- Une centaine de magasins et de belles perspectives de croissance.
Journal Market - Pouvez-vous nous rappeler l’histoire de Litrimarché ?
Simon Caudard [1.1] - L’enseigne a été créée il y a trente ans, en 1996, par mon père Olivier Caudard. L’idée de base était de proposer du choix de produits dans l’immédiat. À l’époque, il fallait attendre deux ou trois mois pour recevoir sa literie. Il voulait avoir du produit en stock, disponible directement, pour que le client puisse repartir avec. Du stock, du produit simple, de qualité et durable. Ça, c’est vraiment l’ADN de Litrimarché.
Le premier magasin a ouvert à Theix (56), près de Vannes, suivi de ceux de Redon (35) et Guérande (44). Ce dernier est aujourd’hui notre magasin pilote. Au début, c’était vraiment une histoire familiale : un magasin tenu par mon oncle, un autre par mon grand-père, et celui de Guérande par mon père. Trois générations sont désormais impliquées.
J.M. - Comment est né le développement en franchise ?
S.C. - Le lancement en franchise ne s’est pas fait dès le début. Mon père n’était pas forcément dans cette optique au départ. C’est venu naturellement, au fil des entretiens avec différents fournisseurs et commerciaux, qui lui disaient que le concept Litrimarché était adaptable à la franchise et très intéressant, car complètement clivant par rapport aux enseignes déjà établies.
Du stock,
du produit de qualité
et durable
La franchise a été lancée en 2003. De 2003 à aujourd’hui, mon père, accompagné de Robert Barbe, l’ancien responsable du développement, a déployé l’enseigne jusqu’à atteindre une centaine de magasins [1.2, 1.3 et 1.4] ce mois-ci.
J.M. - Quels sont les critères de sélection pour devenir franchisé Litrimarché ?
S.C. - Nous ne cherchons pas uniquement un profil type ou quelqu’un issu du secteur de la literie. Ce qui compte avant tout, c’est l’état d’esprit. Nous recherchons des entrepreneurs impliqués, des personnes qui ont envie de s’investir localement, de créer une vraie relation avec leurs clients et de s’inscrire dans la durée.
L’aspect financier est évidemment important, comme dans tout projet entrepreneurial, mais ce n’est pas le seul critère. Nous privilégions des profils qui partagent nos valeurs : le sens du commerce, la transparence, le respect du client et l’envie de travailler en réseau. Chez nous, un franchisé n’est pas un investisseur passif. Il doit être présent dans son magasin, connaître son métier et s’impliquer dans la vie de son point de vente.
J.M. - Vous avez repris la direction générale en 2022, à 26 ans. Comment s’est passée cette transition ?
S.C. - En 2022, j’ai perdu mon père, Olivier Caudard, le fondateur de l’enseigne. Il a fallu reprendre les rênes à vingt-six ans, ce qui n’est pas toujours évident. Mais je suis tombé dedans quand j’étais petit, un peu comme Obélix ! J’ai couru sur les piles de matelas, passé mes mercredis après-midi dans le magasin.
Après mon bac pro vente et mon BTS négociation relation client, j’ai intégré l’entreprise comme livreur. On m’a toujours appris qu’une échelle se monte par le premier barreau.
Ensuite, j’ai été vendeur, puis responsable du magasin de Trignac, avant d’intégrer la centrale et de devenir directeur général par la force des choses. Ce côté opérationnel était hyper important : connaître les réalités du terrain, savoir comment on livre une literie, comment on la vend, comment on gère un SAV. Je vois mal donner des conseils à un professionnel sans connaître le métier. C’est grâce à cette formation que Litrimarché existe encore aujourd’hui et continuera d’évoluer.
J.M. - L’entreprise reste-t-elle familiale ?
S.C. - Oui, totalement. Je suis accompagné de ma mère, Valérie Caudard, qui était là dès le début et qui s’occupe de la partie financière et administrative. Mon petit frère fait partie de la cogérance et travaille sur d’autres domaines comme la gestion immobilière. Moi, je gère la partie opérationnelle, le développement produit, les relations fournisseurs et adhérents.
À la centrale, nous sommes dix personnes, basées à Guérande (44). Pas d’actionnaires externes, c’est une entreprise complètement indépendante.
J.M. - Quel est votre positionnement sur le marché de la literie ?
S.C. - Notre positionnement, c’est vraiment d’être sur tous les segments de prix. Nous ne sommes ni une enseigne discount ni une enseigne ultra-premium. Nous proposons des produits pour tout le monde et pour tous les budgets. Cette largeur de gamme nous permet de toucher tous les types de clientèle et d’avoir des clients fidèles qui reviennent régulièrement, aussi pour nos accessoires dont les linges de lit [1.5].
C’est important
pour nous de valoriser
le savoir-faire local
Nous travaillons principalement avec des fournisseurs français. C’est important pour nous de valoriser le savoir-faire local et d’offrir de la qualité.
Nos franchisés ont accès à un référencement performant et différenciant, mais ils peuvent aussi proposer des produits hors référencement par un pourcentage fixé contractuellement. Cette flexibilité est essentielle.
J.M. - Qu’est-ce qui différencie Litrimarché des autres réseaux de franchise ?
S.C. - Ce qui nous distingue aujourd’hui, c’est notre modèle. Nos franchisés restent indépendants tout en étant pleinement soutenus : formations, outils, produits et conseils sont fournis, mais ils gèrent leur magasin – communication locale, management, stocks – avec l’accompagnement de nos animateurs réseau si nécessaire. Notre concept est aussi unique : aucune autre enseigne n’offre une telle variété de produits et de prix, permettant à chacun de trouver la literie adaptée à ses besoins et cela rapidement. Enfin, notre histoire familiale et notre taille humaine font toute la différence : confiance, proximité et relations authentiques sont au cœur de notre modèle.
J.M. - Comment abordez-vous 2026, dans un marché légèrement négatif ?
S.C. - Avec tout ce qui se passe au niveau géopolitique, ce n’est jamais très rassurant ! Mais il ne faut pas oublier que nous restons sur des bases hautes depuis le Covid. Notre positionnement fait que nous ne ressentons pas d’énormes mouvements. Le fait d’avoir cette ouverture sur tous les segments de prix, d’avoir des accessoires qui génèrent un retour régulier des clients, et des petits prix pour ceux qui ne cherchent pas du haut de gamme, nous permet d’avoir toutes les cartes en main.
Si nous continuons à proposer une belle gamme et quelque chose d’attrayant, nous resterons sur la même perspective que les dernières années.
J.M. - Avez-vous des projets d’ouverture pour 2026 ?
S.C. - Nous avons quatre magasins déjà signés qui vont ouvrir au premier trimestre, et d’autres projets dans les tuyaux qui devraient se concrétiser avant la fin du 2e trimestre.
Nous relançons notre campagne de recrutement de franchisés via notre site Litrimarché-franchise.com et des canaux comme l’Observatoire de la Franchise. Mais beaucoup se fait aussi par bouche-à-oreille : des adhérents qui conseillent à des amis, des responsables de magasins qui veulent ouvrir leur propre Litrimarché. Et pourquoi pas vous qui lisez ces quelques lignes ?
Aujourd’hui, notre objectif est de faire connaître Litrimarché au-delà de notre réseau actuel. Nous voulons montrer que nous ne sommes pas une franchise classique : notre force, c’est la proximité avec nos adhérents, la confiance mutuelle et une vraie liberté d’action pour nos franchisés. C’est cette philosophie qui nous différencie.
J.M. - Préparez-vous aussi le lancement d’un nouveau site web ?
S.C. - Oui, c’est un gros chantier pour 2026. Nous avons un fonctionnement complètement différent : 100 % des bénéfices des ventes sur notre site Internet reviennent au magasin. Le client se connecte, rentre son code postal, est rattaché au magasin le plus proche, et accède aux produits proposés par ce magasin. C’est une photo instantanée du magasin, mais sur le web.
Nos franchisés
ne sont pas des numéros,
mais des partenaires
Le client choisit son produit, se fait livrer ou vient le chercher, et le magasin touche l’intégralité de la vente.
C’est un positionnement différent. Nous ne nous voyons pas faire de la concurrence à nos propres adhérents. C’est peut-être moins rentable pour la centrale, mais tout le monde est content. Pour l’instant, les ventes en ligne restent marginales par rapport au physique, mais avec le nouveau site, nous ambitionnons d’appuyer sur l’accélérateur.
J.M. - Un mot de conclusion sur l’avenir de Litrimarché ?
S.C. - Entre tradition familiale et ambition de développement, Litrimarché incarne un modèle de franchise où l’humain prime sur les chiffres. Avec nos ouvertures prévues au premier trimestre et notre nouveau site e-commerce en préparation, nous poursuivons l’œuvre de mon père tout en l’adaptant aux défis contemporains.
Une chose est sûre : à 30 ans, notre enseigne n’a pas fini de grandir.







