Fedustria fournit son analyse du marché du meuble
Comme chaque année, l’édition 2025 du Salon du Meuble de Bruxelles a été l’occasion pour Fedustria de présenter son analyse du marché du meuble. Cette étude, consacrée à l’industrie belge de l’ameublement ainsi qu’à la situation du secteur en Europe, offre un aperçu précis des chiffres qui influenceront les décisions d’achat et les stratégies d’exportation pour l’année à venir. Lors de la conférence de presse organisée pendant le salon, Fedustria — la principale fédération représentant les industries belges du bois et de l’ameublement — a présenté ses données statistiques et partagé les grandes tendances du marché.
- Industrie belge de l’ameublement : CA de 2 milliards d’euros en 2024.
- Évolution de l’activité en valeur : - 7 %.
- Pars des exportations : 57 %.
L’industrie belge de l’ameublement : la conjoncture entre 2024 et le 1er semestre 2025
Au cours du premier semestre 2025, Fedustria [1.1] dresse son bilan de l’industrie belge de l’ameublement face à une conjoncture difficile :
- Chiffre d’affaires : 982 millions d’euros, - 5,7 % comparativement au premier semestre 2024 ;
- Investissements : - 2,4 % sur le premier semestre 2025, soit 38,4 millions d’euros ;
- Taux d’occupation de la capacité de production : 83,2 % ;
- Exportations : - 10,1 % par rapport à la même période en 2024. La France reste le principal débouché ;
- Importations : - 2,3 % par rapport à la même période en 2024.
« L’industrie belge de l’ameublement, explique Fedustria, a connu une nouvelle année difficile en 2024. Le chiffre d’affaires a fortement baissé pour la deuxième année consécutive, d’environ 7 %, de sorte que le chiffre d’affaires total du secteur se situait juste en dessous de 2 milliards d’euros. La situation est également restée défavorable au cours du premier semestre 2025. Le chiffre d’affaires [1.2 et 1.3] a encore baissé et a été de 5,7 % inférieur à celui du premier semestre de 2024. Cette contraction persistante confirme que le secteur reste sous pression, tant en raison d’une demande plutôt faible dans le secteur de la construction qu’en raison des dépenses prudentes des consommateurs ».
Les exportations belges de meubles en recul
Le secteur belge du meuble traverse une période difficile sur les marchés internationaux. Après une contraction modérée de 1,5 % en 2024, les exportations (transit compris) ont accusé une chute brutale de 10,1 % au premier semestre 2025 par rapport à la même période l’année précédente. L’Union européenne, qui absorbe 89 % des exportations belges, enregistre un recul global de 8,6 %. Les performances varient toutefois selon les destinations.
Le secteur reste
sous pression
La France, premier débouché avec 28,2 % des parts de marché, fait figure d’exception avec une progression de 2,2 %. En revanche, les Pays-Bas, troisième marché d’exportation (21,5 %), cumulent les difficultés : après une baisse de 11,6 % en 2024, les ventes ont encore reculé de 9,8 % au premier semestre 2025, confirmant une tendance préoccupante pour ce partenaire commercial historique.
La confiance des entrepreneurs s’est d’abord envolée avant de chuter brusquement…
Entre mai et août 2025, le baromètre conjoncturel de l’industrie de l’ameublement — un indicateur clé de la confiance des entrepreneurs qui anticipe en moyenne l’activité économique réelle de trois mois — a connu une hausse spectaculaire. Pour la première fois depuis longtemps, il est passé en territoire positif, signe qu’une majorité de dirigeants se montraient plus optimistes que pessimistes quant à l’évolution du secteur.
Cette dynamique s’est toutefois inversée en septembre 2025, avec une chute marquée du baromètre, révélant un retournement rapide du sentiment entrepreneurial.
…En revanche, la confiance des consommateurs se rétablit
L’analyse de Fedustria continue, cette fois-ci focalisée sur le niveau de confiance des consommateurs qui apparait stable : « Après avoir atteint un creux historique à la mi-2022 en raison de la crise énergétique, la confiance des consommateurs belges et européens s’est rétablie en 2023 et 2024. À partir de la fin 2024, la tendance s’est à nouveau inversée et les consommateurs belges et européens sont devenus plus pessimistes, mais depuis mai 2025, on observe à nouveau un mouvement en hausse ».
La France,
premier débouché
avec 28,2 %
des parts de marché
Il en demeure que, même si la croissance des investissements dans le logement reste négative, l’amélioration nette de la confiance des consommateurs pourrait soutenir la demande intérieure de meubles en 2025.
La Chine, fournisseur dominant : un cheval de Troie pour l’Europe ?
Les importations de meubles ont bondi de 14,1 % au premier semestre 2025, une croissance qui soulève des interrogations sur l’avenir de la production européenne. La Chine consolide sa position de leader incontesté avec 32,7 % de parts de marché, s’imposant comme le principal fournisseur du continent. Cette domination croissante pourrait-elle représenter un cheval de Troie pour l’industrie européenne et le Made in Belgique ? Les chiffres interpellent.
Du côté des fournisseurs européens, les performances sont contrastées. Les Pays-Bas, deuxième fournisseur avec 14,8 % du marché, affichent une progression modeste de 1,9 %. À l’inverse, l’Allemagne (10,3 % de parts) accuse un recul significatif de 14,1 %, un signal préoccupant pour ce partenaire historique. La Pologne, quatrième fournisseur avec 9,1 % du marché, enregistre quant à elle une hausse encourageante de 6,1 %, confirmant sa montée en puissance dans le secteur.
Politique étrangère : blocage américain, zone euro en léger essor
Dans son analyse dévoilée à Bruxelles [1.4], Fedustria « plaide en faveur d’une surveillance étroite du marché afin d’éviter les pratiques commerciales déloyales comme le dumping et aussi veiller à ce que les produits importés satisfassent aux normes en vigueur en Europe ».
Amélioration nette
de la confiance
des consommateurs
La fédération représentant les industries belges du bois et de l’ameublement renvoie très clairement à la politique étrangère et précise : « Les mesures commerciales américaines mettent un frein général sur l’économie mondiale. L’accord commercial conclu entre les États-Unis et l’UE limite à 15 % les tarifs sur les produits d’origine européenne. Les exportateurs d’autres pays sont soumis à des tarifs encore supérieurs, ce qui pourrait constituer un avantage concurrentiel pour les produits belges sur le marché américain. Par ailleurs, il existe aussi un risque que les produits sur lesquels les tarifs élevés sont prélevés soient détournés vers le marché UE et augmentent ainsi la pression concurrentielle ».
En définitive, malgré des tensions commerciales persistantes, le Bureau du Plan anticipe une légère reprise dans la zone euro, avec une croissance passant de 0,9 % en 2024 à 1,3 % en 2025 puis 1,4 % en 2026, portée par les mesures budgétaires et l’assouplissement monétaire. En Belgique, la croissance resterait stable, de 1,0 % en 2024 à 1,2 % en 2025 avant de revenir à 1,1 % en 2026.






